4 Mar
2012


J'ai déjà eu l'occasion de le dire, j'ai beaucoup aimé L'âge de l'accès de Jérémy Rifkin et je me suis lancé avec enthousiasme dans la lecture de son nouvel ouvrage, La troisième révolution industrielle
. L'auteur développe une vision intéressante sur le lien entre énergie et économie : toute révolution industrielle est avant tout une révolution énergétique, la libération d'une nouvelle énergie (la vapeur, l'électricité, l'énergie renouvelable) est le préalable pour toute phase de croissance. Dès lors, il présente la vision d'un nouvel ordre énergétique, préalable à une troisième révolution industrielle, fondée sur :
1) Le passage aux énergies renouvelables
2) La transformation du parc immobilier en mini-centrales produisant sur site des énergies renouvelables (solaire, éolien...)
3) Le déploiement de piles à hydrogènes pour stocker sur place les surplus d'énergie
4) La construction d'un réseau électrique intelligent, peer to peer, capable de relier entre-elles l'ensemble des mini-centrales et remplaçant en grande partie les grosses centrales actuelles
5) Le passage aux voitures électriques, alimentées par l'énergie des mini-centrales
Il met également le doigt sur une crise que beaucoup négligent : les subprimes et la crise de l'endettement que connaissent les pays occidentaux est peut-être le symptôme du choc énergétique violent que nous avons vécu dans les années 2000 avec un baril de pétrole passant de 20 USD à 140 USD. Pour maintenir la croissance de l'économie et de la consommation malgré tout, la solution trouvée a été la distribution effrénée de crédit avec les conséquences que l'on connaît. J'ai bien aimé également la réflexion sur la montée du tiers secteur et sur la réduction inéluctable de l'emploi salarié sous le coup des gains de productivité, même dans les services.
Néanmoins, ce livre souffre de longueurs (la thèse centrale du livre aurait pu être expédiée en 100 pages) car on se perd dans une hagiographie de l'auteur que je trouve dérangeante :Rifkin aurait soufflé aux grands de ce monde sa vision qui aurait été adoptée par nombre de dirigeants européens, son "organisation internationale" aurait lancé la transition dans moult villes... Parfois, j'ai eu l'impression de lire une plaquette commerciale ce qui nuit au propos. Par ailleurs, la vision de Rifkin est certes cohérente sur le papier mais utopique car ne prenant pas en compte la finitude de certaines ressources. Prenons la volonté d'installer partout des piles à combustible. Ce beau projet se heurte à une réalité : les piles à combustible nécessitent du platine pour fonctionner et il risque de ne jamais y avoir assez de cette précieuse matière première pour lancer une production en masse.
En conclusion, un livre intéressant qui donne des pistes de réflexion, même si il verse trop dans l'auto-promotion d'un auteur qui n'en a pas besoin.
Ma note : Bien
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